UE : Le Parlement adopte une résolution sur l’entrisme islamiste

 UE : Le Parlement adopte une résolution sur l’entrisme islamiste

Les eurodéputés ont adopté jeudi 8 octobre une résolution appelant à une stratégie européenne contre l’entrisme islamiste et l’influence des Frères musulmans. Le texte, porté par le PPE, a recueilli 381 voix pour, 167 contre et 15 abstentions. La gauche dénonce une initiative « islamophobe ».

Le Parlement européen a adopté jeudi à Strasbourg une résolution non contraignante sur l’entrisme islamiste. Le texte a obtenu 381 voix pour, 167 contre et 15 abstentions. Il appelle l’UE à se doter d’une stratégie commune contre l’infiltration islamiste et le réseau des Frères musulmans. « L’entrisme islamiste ne commence pas toujours par le bruit des armes », a déclaré Céline Imart, eurodéputée Les Républicains du groupe PPE. « Il commence par le sourire, la cravate bien nouée. Il tue lorsqu’il le peut, mais il infiltre lorsqu’il ne peut pas. » L’élue fait notamment référence au Femyso, le Forum des organisations européennes musulmanes de jeunes et d’étudiants.

Traçabilité des fonds et liste terroriste

La résolution exige une traçabilité des fonds européens versés aux entités islamistes. Elle appelle à cesser tout financement. Le texte demande aussi au Conseil d’évaluer si des entités liées aux Frères musulmans doivent figurer sur la liste européenne des organisations terroristes. Le PPE a reçu le soutien de l’extrême droite. Nicolas Bay, député ECR, salue « une occasion historique de mettre fin à des années de naïveté ». Les centristes de Renew ont également voté le texte. Une précédente résolution de juillet 2026, portée par Marion Maréchal, avait déjà réclamé cette inscription.

La gauche dénonce une stigmatisation

L’ensemble de la gauche a rejeté la résolution, la jugeant « islamophobe ». « Avec vos arguments flous et votre obsession pour une seule forme d’entrisme, vous désignez toujours les mêmes boucs émissaires », a dénoncé Chloé Ridel, eurodéputée socialiste. Le texte divise aussi au sein des institutions européennes. La Commission a précisé qu’aucun nouveau financement direct n’est attribué au Femyso depuis 2019. L’organisation affirme toutefois que deux événements en 2026 ont été cofinancés par l’UE. Cette résolution s’inscrit dans un contexte de campagne présidentielle française. Elle montre que le débat se joue aussi dans les hémicycles européens.

Aristide HAZOUME

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