Maroc : Les avocats reprennent fonction après quatre mois de grève

 Maroc : Les avocats reprennent fonction après quatre mois de grève

Les quelque 19 000 avocats marocains ont repris leurs activités mercredi 7 octobre après quatre mois de grève contre la loi 66.23. L’ABAM a suspendu son mouvement pour laisser une chance au nouveau gouvernement. La contestation reste toutefois intacte.

Les avocats marocains ont retrouvé les tribunaux mercredi 7 octobre. Cette reprise intervient après quatre mois de suspension des prestations professionnelles. L’Association des barreaux du Maroc (ABAM) a annoncé cette décision le 20 septembre à Rabat. Le mouvement avait débuté le 15 juin 2026. La grève visait la loi n° 66.23 relative à l’organisation de la profession d’avocat. Cette réforme, adoptée en août, est jugée menaçante pour l’indépendance de la profession. Les avocats dénoncent aussi les conditions d’élaboration du texte. Le gouvernement précédent avait engagé des consultations, sans aboutir à des changements satisfaisants.

Une suspension pour laisser place au dialogue

L’ABAM insiste sur le caractère provisoire de cette décision. « La suspension ne signifie nullement un recul par rapport aux revendications professionnelles », a précisé l’association. Elle entend attendre la formation du prochain gouvernement et la nomination du futur ministre de la Justice. Abdelkebir Tabih, membre du bureau de l’ABAM, évoque « d’autres chemins de travail ». Pour lui, le dossier nécessite de « retrouver les conditions permettant d’aboutir à une solution ». La profession veut connaître les orientations de la nouvelle équipe sur les dispositions contestées.

Des retards importants à résorber

La reprise concerne toutes les plaidoiries, y compris les affaires pénales. Les prévenus en détention provisoire ont particulièrement souffert des reports d’audiences. Quatre mois de perturbations ont paralysé les tribunaux. Les affaires civiles, commerciales, sociales et familiales ont pris un retard considérable. L’enjeu sera désormais de résorber ces retards tout en garantissant les droits de la défense.

Aristide HAZOUME

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