Maroc : Élections législatives sous le signe du scepticisme
À la veille des législatives du 23 septembre, les électeurs marocains s’apprêtent à départager 7 288 candidats pour 395 sièges. Malgré les promesses des partis, un profond scepticisme persiste, notamment chez les jeunes.
Les élections législatives marocaines se tiennent ce mercredi 23 septembre. Au total, 7 288 candidatures ont été enregistrées pour 395 sièges à la Chambre des représentants. Elles sont réparties en 1 850 listes issues de 28 partis. Le nombre d’électeurs inscrits s’élève à 15 801 162, selon les données officielles. Les hommes représentent 54 % des inscrits, contre 46 % de femmes. Les jeunes de 18 à 24 ans ne constituent que 4 % du corps électoral. Ce scrutin intervient près d’un an après les manifestations de la Génération Z. Ce mouvement réclamait de meilleurs services publics, notamment dans la santé et l’éducation.
Une jeunesse en quête de perspectives
Le chômage des 15-24 ans atteignait 37,2 % au quatrième trimestre 2025. Pour l’ensemble de la population, le taux s’établissait à 13 % sur la même période. Au premier trimestre 2026, le chômage des jeunes s’élevait encore à 29,2 %. Ces chiffres nourrissent un profond désenchantement. Mohammed Benhamou, président de l’Institut marocain des études stratégiques, appelle les partis à changer. « Ils doivent évoluer en tant qu’élites pour répondre aux attentes », estime-t-il. Le scrutin mesurera la capacité des partis à mobiliser les jeunes. La défiance envers la classe politique reste un enjeu majeur de cette campagne. Le taux d’abstention, historiquement élevé, sera scruté de près.
Aristide HAZOUME
