Mali : La Russie maintient ses troupes malgré l’escalade des djihadistes
Moscou confirme la poursuite de son engagement militaire au Mali, malgré une offensive armée d’ampleur inédite. La décision intervient alors que les groupes rebelles et jihadistes intensifient leurs actions sur plusieurs fronts.
La Russie ne retirera pas ses forces du Mali. L’annonce a été faite ce 30 avril 2026 par le Kremlin. Selon Dmitri Peskov, porte-parole de la présidence russe, Moscou poursuivra ses opérations militaires, dont l’objectif reste la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme. Le Kremlin affirme agir à la demande expresse des autorités maliennes. Ainsi, le soutien militaire russe devrait se poursuivre sans interruption. Cette position ferme répond directement à l’appel du Front de libération de l’Azawad (FLA), qui réclame le départ immédiat des forces russes.
Une offensive coordonnée sur plusieurs fronts
Depuis le 25 avril, la situation sécuritaire s’est fortement dégradée. Des attaques coordonnées ont été menées dans plusieurs régions, impliquant à la fois des groupes jihadistes liés à Al-Qaïda et des rebelles séparatistes. Plusieurs zones stratégiques ont été ciblées, notamment dans le nord du pays. La ville de Kidal reste un point central des affrontements. Par ailleurs, les combats se rapprochent désormais de Bamako, ce qui accentue la pression sur les autorités maliennes.
Une présence militaire contestée mais maintenue
Malgré les pertes enregistrées ces derniers jours, Moscou maintient sa stratégie. Le Kremlin insiste sur la nécessité de stabiliser le Mali. Les forces russes, regroupées au sein de l’Africa Corps (successeur de Wagner sur le théâtre sahélien), restent pleinement mobilisées. Des renforts aériens auraient été déployés récemment pour faire face à l’escalade. Cependant, cette présence suscite de plus en plus de critiques. Les groupes armés dénoncent une ingérence étrangère et appellent à un sursaut national contre ce qu’ils considèrent comme une occupation.
Un tournant sécuritaire pour le Sahel
La crise actuelle marque une nouvelle phase du conflit malien. Elle pourrait redéfinir les équilibres géopolitiques et sécuritaires dans l’ensemble de la région du Sahel. Depuis plus d’une décennie, le Mali fait face à une insécurité persistante, et les groupes armés continuent d’étendre leur influence territoriale. Dans ce contexte, l’avenir du partenariat entre Bamako et Moscou reste incertain, alors que la pression militaire et politique ne cesse de s’intensifier.
Aristide HAZOUME
