Le Tigré : Des troupes érythréennes signalées près d’Adigrat

 Le Tigré : Des troupes érythréennes signalées près d’Adigrat

Des soldats érythréens ont été aperçus ces derniers jours à Adigrat, dans le nord du Tigré, selon des témoins. Asmara dément. Addis-Abeba dénonce un soutien aux rebelles. Les relations diplomatiques entre les deux pays sont rompues.

Des troupes érythréennes se sont déployées ces derniers jours autour d’Adigrat, dans le nord du Tigré. L’information est rapportée mercredi par un responsable local et plusieurs habitants. Deux témoins ont confirmé à Reuters avoir vu des soldats en uniformes érythréens traverser la ville mercredi matin. Certains se dirigeraient vers le sud, en direction de Mekele. Le commandant de la Force de paix du Tigré, Gebreigziabher Beyene, affirme que l’armée érythréenne est entrée « en uniforme et équipée d’armes lourdes ». Selon lui, cette force serait visée par des drones. Il accuse Asmara de déployer ses troupes pour que les combats se déroulent au Tigré plutôt qu’en Érythrée.

Asmara dément et dénonce un prétexte

Le ministre érythréen de l’Information, Yemane Gebremeskel, a formellement démenti. Il qualifie ces témoignages de « plan éthiopien visant à justifier une guerre d’agression ». Addis-Abeba accuse l’Érythrée de soutenir le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF). Les combats ont débuté le 23 septembre entre le TPLF et les forces fédérales éthiopiennes.  L’armée éthiopienne et la milice tigréenne alliée sont entrées sans combat dans Mekele le 4 octobre. Le TPLF avait abandonné la ville. Les forces pro-gouvernementales ont atteint Wukro, à 50 km au nord.

Rupture diplomatique et craintes régionales

L’Éthiopie et l’Érythrée ont rompu leurs relations diplomatiques le 1er octobre. Addis-Abeba a fermé son ambassade à Asmara et expulsé dix diplomates érythréens. Asmara a riposté en annonçant la rupture de « toutes ses relations diplomatiques ». Les opérations humanitaires au Tigré sont « proches de l’arrêt » selon l’ONU. L’OCHA évoque des dizaines de milliers de déplacés. L’Union africaine et Washington appellent à la retenue.

Aristide HAZOUME

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