Kinshasa : Les pompiers sans camions face aux incendies
Trois incendies ont frappé Kinshasa en une semaine. La capitale reste quasiment dépourvue de moyens anti-incendie fonctionnels.
La ville ne possède que deux camions anti-incendie municipaux. Ces véhicules, offerts par la coopération japonaise, sont désormais inutilisables. Les mécaniciens les jugent totalement amortis et irréparables. Moins de cinq camions au total desservent toute la capitale. Tous restent stationnés avenue de la Justice, à Gombe. Aucune des vingt-quatre communes ne possède son propre véhicule. La ville compte pourtant cent trente-sept sapeurs-pompiers en fonction. Ces agents restent largement inactifs faute d’engins opérationnels. Un courrier de 2025 alertait déjà sur cette dégradation matérielle. Le gouverneur avait ordonné la remise en état des véhicules. Cette instruction n’a manifestement jamais été suivie d’effet. Trois incendies ont frappé la ville depuis le 4 septembre. La salle Panacée, une école et Limete ont été touchées.
Des opérateurs privés en renfort limité
La ville délègue une partie du service à des privés. Ces opérateurs disposent de licences en échange d’un appui ponctuel. Leurs véhicules ne sont pas systématiquement disponibles ni proches. Lors de l’incendie scolaire du 7 septembre, un camion loué manquait d’eau. À Limete, des habitants ont tenté seuls de maîtriser les flammes. Le bourgmestre Bienvenu Mbalibi réclame un camion par commune. Il appelle aussi à rendre obligatoires les extincteurs dans les lieux publics. L’Hôtel de ville affirme avoir commandé une trentaine de véhicules. Leur date d’arrivée et leur financement restent pour l’instant inconnus. Cette estimation correspondait déjà à un besoin identifié en 2023. Kinshasa compte environ quinze millions d’habitants selon les estimations récentes. La circulation dense complique davantage chaque intervention d’urgence.
Aristide HAZOUME
