Kenya : La répression des commerces étrangers pousse les Burundais à l’exil

 Kenya : La répression des commerces étrangers pousse les Burundais à l’exil

Des centaines de Burundais quittent le Kenya après l’ordre présidentiel de fermeture des petits commerces tenus par des étrangers. Nairobi tente de calmer la crise diplomatique.

Des files d’attente interminables se sont formées lundi devant l’ambassade du Burundi à Nairobi. Des centaines de ressortissants burundais réclamaient des documents de voyage pour quitter le pays . Cette ruée survient après que le président William Ruto a ordonné la fermeture des petits commerces étrangers avant lundi dernier . Le Kenya, locomotive économique de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC), attire habituellement des migrants en quête de travail. Les membres de l’EAC bénéficient pourtant de la liberté de circulation . La décision présidentielle a néanmoins semé la panique, notamment parmi les vendeurs ambulants burundais de Nairobi .

« Expulsés comme des animaux »

« Ils nous ont expulsés comme des animaux », a déclaré le pasteur Jean-Baptiste Ndayizeye à l’AFP . Il a affirmé que deux de ses voisins avaient été agressés et dépouillés. D’autres témoins ont comparé la situation aux violences xénophobes en Afrique du Sud . L’AFP n’a pas pu vérifier ces allégations. Eric Bizimana, arrivé au Kenya en 2022, n’a jamais demandé de permis de travail en raison de son coût élevé . « Ils sont si tristes » de partir, a confié un chauffeur de moto-taxi kényan. « Ce n’est pas juste » . Le ministre burundais des Affaires étrangères, Édouard Bizimana, a fermement condamné ces « violences contre les étrangers ». Il a averti que laisser des civils agir à la place de la police donne l’image d’un « État défaillant » .

Nairobi tente d’éteindre l’incendie

Le ministre adjoint kényan des Affaires étrangères, Korir Sing’Oei, s’est rendu à l’ambassade lundi. Il a présenté ses excuses et promis une protection policière renforcée . Il a soutenu que les propos présidentiels avaient été « mal compris » . « Notre principal objectif est de vous enregistrer », a-t-il assuré. Le porte-parole du gouvernement a annoncé une « fenêtre officielle de documentation » pour les ressortissants est-africains sans papiers . Le gouvernement reconnaît que des Burundais résident au Kenya sans être en règle .

Aristide HAZOUME

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