Investissements au Maroc : Plaque tournante mondiale
Sous le feu des projecteurs internationaux, le Maroc attire six milliards de dollars d’investissements dans les véhicules électriques. La Chine en est le premier moteur, mais le royaume refuse d’être réduit à une simple tête de pont de Pékin. Objectif affirmé : devenir un carrefour où toutes les grandes puissances co-investissent.
Selon Business Insider Africa, la Chine a investi 6 milliards de dollars pour faire du Maroc une plaque tournante de la chaîne d’approvisionnement des véhicules électriques, incluant une gigafactory de batteries à 1,3 milliard de dollars. Le Stimson Centre confirme que le Maroc est un maillon clé de l’expansion de la « Belt and Road » industrielle verte chinoise.
Interprétation stratégique
La Chine utilise le Maroc comme tête de pont pour accéder aux marchés européens tout en contournant certaines barrières tarifaires. C’est un coup de maître qui place le royaume au cœur de la compétition triangulaire États-Unis, Chine, Union européenne pour le contrôle des chaînes d’approvisionnement. Les opportunités sont immenses : emplois, transferts de technologie, infrastructures modernisées. Le risque réside dans une éventuelle réaction négative de l’UE et dans l’émergence de récits sur une « dépendance chinoise » à l’approche de la Coupe du monde 2030.
Derrière l’investissement chinois se joue une bataille d’influence. Mais les autorités marocaines martèlent un message clair : Tanger et Kénitra sont ouvertes à tous. Des discussions avancent avec des constructeurs européens et des fonds souverains du Golfe. La Coupe du monde 2030 servira de vitrine pour attirer des capitaux diversifiés. L’objectif n’est pas d’être une simple succursale chinoise, mais un carrefour où les grandes puissances co-investissent et se neutralisent mutuellement. Le Maroc devient hub, certes. Mais un hub sous contrôle marocain, où chaque gigafactory est une pièce d’un échiquier mondial pas la propriété d’un seul joueur.
Aristide HAZOUME
