Inondations à Accra : Le bilan s’alourdit à douze morts

 Inondations à Accra : Le bilan s’alourdit à douze morts

Les pluies diluviennes qui se sont abattues sur la capitale ghanéenne ont causé la mort d’au moins douze personnes, selon un dernier décompte des secours. Alors que les opérations d’urgence se poursuivent, les autorités redoutent une hausse du bilan et appellent à une meilleure gestion des risques.

Un bilan provisoire mais déjà lourd

Les inondations qui ont frappé Accra lundi ont fait au moins douze victimes, ont confirmé les services de secours ghanéens. Plusieurs personnes sont toujours portées disparues, alimentant les craintes d’un bilan définitif plus élevé. En l’espace de quelques heures, des précipitations torrentielles ont submergé des routes entières et des quartiers résidentiels, piégeant de nombreux habitants. Plus de quatre cents personnes ont pu être secourues dans les zones les plus touchées, mais les pompiers préviennent que le nombre de victimes pourrait encore augmenter dans les prochaines heures.

Parmi les drames recensés figurent la mort d’un couple marié et celle d’une mère accompagnée de son enfant, selon des sources proches des équipes de sauvetage. Les secours ont travaillé sans relâche toute la nuit pour évacuer les populations bloquées, tandis que des pompes ont été déployées pour vider les habitations encore inondées.

Les autorités reconnaissent une réponse initiale perfectible

Le ministre de l’Intérieur a exprimé sa profonde tristesse face aux pertes humaines, tout en admettant que la réaction des pouvoirs publics n’avait pas été à la hauteur de l’urgence. Face à l’ampleur de la catastrophe, le président a débloqué une enveloppe d’urgence de 300 millions de cedis (environ 50 millions d’euros) pour financer les secours et renforcer les infrastructures de prévention.

L’armée et la police ont été mobilisées en renfort dans la capitale pour épauler les services d’urgence locaux. Le chef de l’État a attribué l’intensité de ces inondations à la conjonction de pluies exceptionnelles  près de 140 millimètres sont tombés en une seule journée, bien au-dessus des moyennes saisonnières et aux effets du changement climatique.

Les autorités ont également pointé du doigt les constructions illégales, qui obstruent les canaux d’évacuation naturels et aggravent les risques. Une vaste opération de démolition des zones bâties illicitement est annoncée pour les prochaines semaines.

Une urbanisation galopante face à une menace récurrente

Avec plus de cinq millions d’habitants, Accra est particulièrement vulnérable aux inondations saisonnières. L’expansion rapide de la ville, couplée à des systèmes de drainage souvent saturés ou mal entretenus, rend la gestion des eaux pluviales de plus en plus complexe. Les experts alertent depuis des années sur l’occupation croissante des zones humides et des lits de rivières par des habitations précaires. Si l’Agence météorologique prévoit une accalmie dans les prochains jours, elle reste prudente : les sols gorgés d’eau maintiennent un risque élevé de nouvelles inondations localisées, même en cas de faibles précipitations.

Aristide HAZOUME 

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