Hongrie : Magyar menace Sulyok après son refus de démissionner
La crise politique s’intensifie en Hongrie. Le président Tamás Sulyok refuse de quitter son poste malgré l’ultimatum lancé par le Premier ministre Péter Magyar. Le gouvernement envisage désormais une réforme constitutionnelle pour obtenir sa destitution.
Depuis Budapest, le bras de fer institutionnel prend de l’ampleur. Le président de la République hongroise, Tamás Sulyok, a rejeté toute possibilité de démission, une décision qui intervient après l’ultimatum fixé au 31 mai par le Premier ministre, Péter Magyar. Dans une déclaration officielle, le chef de l’État a affirmé sa volonté de respecter la Constitution, estimant qu’« aucun motif légal ne justifie son départ ». Il a également annoncé qu’il attendrait l’avis de la Commission de Venise, instance consultative du Conseil de l’Europe sur le droit constitutionnel.
Magyar prépare une réforme constitutionnelle
À l’issue d’une rencontre avec le président lundi matin, Péter Magyar a durci son discours. Il accuse Tamás Sulyok de défendre les intérêts de l’ancien Premier ministre, Viktor Orbán. Le chef du gouvernement a annoncé le lancement prochain d’une procédure parlementaire. Son parti, Tisza, dispose d’une majorité des deux tiers une force politique qui lui permet d’envisager sereinement une modification de la Constitution. Selon Péter Magyar, cette réforme viserait également plusieurs responsables nommés sous l’ère Orbán. Il promet de restaurer l’État de droit et les institutions démocratiques. La procédure pourrait durer environ un mois.
Le Fidesz dénonce une « atteinte aux institutions »
Le parti Fidesz, formation de l’ancien pouvoir, rejette fermement cette initiative. Ses dirigeants rappellent que le mandat présidentiel de Tamás Sulyok court jusqu’en 2029 et considèrent toute destitution comme contraire aux principes démocratiques. Gergely Gulyás, responsable du groupe parlementaire Fidesz, accuse la nouvelle majorité d’« abuser de son pouvoir ». Il estime qu’un président ne peut être contraint à quitter ses fonctions avant la fin légale de son mandat. Cette confrontation marque une nouvelle étape dans la transformation politique engagée par Péter Magyar depuis sa victoire électorale d’avril 2026.
Aristide HAZOUME
