Guinée : Une campagne électorale sans opposition

 Guinée : Une campagne électorale sans opposition

La Guinée organise des élections législatives et communales le 31 mai 2026. Pourtant, la campagne reste étonnamment terne, après l’exclusion de nombreux partis d’opposition et un large boycott.

La Guinée est entrée dans la dernière ligne droite avant les scrutins du 31 mai 2026. Les électeurs sont appelés à désigner 147 députés et 342 maires. Ces élections doivent en théorie marquer la fin de la transition politique engagée par les autorités après le coup d’État de 2021. Le pouvoir a certes mobilisé d’importants moyens pour soutenir la campagne électorale. Mais malgré ces efforts, l’ambiance reste particulièrement discrète, voire atone, dans plusieurs régions du pays. Une grande partie de l’opposition boycotte le processus ou demeure absente des bureaux de vote.

Le Front pour la démocratie en Guinée (Frondeg) participe finalement au scrutin, après que la Cour suprême a annulé sa suspension. Son président, Abdoulaye Yéro Baldé, ne cache toutefois pas son scepticisme. Il déplore un manque d’engouement populaire et dénonce de profondes inégalités entre les candidats, notamment dans l’accès aux médias publics et aux financements.

De nombreux grands partis exclus

Les principales formations d’opposition restent absentes de ces élections décisives. En mars dernier, le gouvernement a dissous une quarantaine de partis politiques, invoquant le non-respect de la nouvelle loi sur les partis. Les formations concernées devaient mettre leurs statuts à jour avant le 25 mai et fournir des justificatifs administratifs dans chaque préfecture. Plusieurs grandes figures politiques dont l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), le Rassemblement du peuple de Guinée (RPG) et l’Union des forces républicaines (UFR) n’ont pas satisfait à ces exigences et se retrouvent exclues du scrutin.  Cette absence réduit considérablement la diversité politique de la campagne. Les meetings électoraux attirent peu de participants, même dans les grandes villes.

Des analystes s’inquiètent pour l’équilibre démocratique

Cette situation électorale inédite préoccupe les observateurs. L’analyste politique Nfaly Guilavogui met en garde contre un risque de concentration du pouvoir. « L’absence de réelle compétition fragilise la crédibilité des futures institutions », explique-t-il, ajoutant que le pluralisme politique reste aujourd’hui insuffisant. Les autorités défendent pourtant la légalité du processus et présentent ces élections comme une étape majeure du retour à l’ordre constitutionnel. Le scrutin du 31 mai est également très attendu par les partenaires internationaux, tandis que plusieurs organisations régionales suivent de près l’évolution politique guinéenne.

Aristide HAZOUME 

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