Éthiopie : Le TPLF relance son Parlement régional et attise les tensions

 Éthiopie : Le TPLF relance son Parlement régional et attise les tensions

Le Front populaire de libération du Tigré (TPLF) a annoncé le rétablissement de son Parlement régional, une décision qui relance les tensions en Éthiopie, déjà fragilisée par un conflit récent. Cette initiative, prise dans un contexte politique instable, inquiète de nombreux observateurs qui redoutent une reprise des hostilités.

Le TPLF affirme vouloir restaurer une institution suspendue au nom de la paix. Selon le mouvement, cette Assemblée serait l’expression de la volonté populaire, ayant été élue par environ 2,8 millions de citoyens. Pourtant, ce scrutin de 2020, toujours contesté par Addis-Abeba, avait contribué au déclenchement de la guerre du Tigré.

Un conflit encore présent dans les mémoires

Entre 2020 et 2022, la guerre a fait environ 600 000 morts, opposant les forces fédérales appuyées par l’armée érythréenne au TPLF. Depuis, un accord de paix signé à Pretoria encadre la transition. Cet accord, dit « de Pretoria », reste fragile : le TPLF accuse aujourd’hui le gouvernement fédéral de le violer, et des responsables dénoncent un manque de consultation.

Des tensions régionales persistantes

Le gouvernement du Premier ministre Abiy Ahmed n’a pas encore réagi officiellement, mais Addis-Abeba surveille de près l’évolution de la situation. Des accusations de rapprochement avec l’Érythrée circulent, accusations que le TPLF rejette fermement. Par ailleurs, l’Érythrée soupçonne l’Éthiopie de convoiter le port d’Assab, un contentieux qui ravive le souvenir de leur guerre frontalière (1998-2000).

Situation militaire sous surveillance

Des troupes fédérales avaient été déployées près du Tigré en février ; une partie s’est retirée, selon des sources sécuritaires. Cependant, les forces tigréennes restent massivement positionnées aux frontières, ce qui entretient un climat de méfiance. Ainsi, la relance du Parlement régional pourrait fragiliser l’équilibre actuel, et les perspectives d’une stabilité durable restent incertaines.

Aristide HAZOUME 

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