Ebola en RDC : La Centrafrique verrouille ses frontières

 Ebola en RDC : La Centrafrique verrouille ses frontières

La République centrafricaine a renforcé les contrôles sanitaires à sa frontière avec la RDC. Des dépistages quotidiens sont effectués au débarcadère de M’Poko Bac, à Bimbo. Bangui redoute une propagation du virus via la rivière Oubangui.

La RDC fait face à l’épidémie d’Ebola la plus meurtrière de son histoire. Au 26 octobre, l’ECDC recensait 10 141 cas confirmés et 4 928 décès en RDC. Le virus a déjà franchi les frontières. Le Kenya a signalé ses premiers cas importés début octobre. Un cas a aussi été détecté au Nigeria. La souche Bundibugyo est identifiée. Aucun vaccin ni traitement spécifique n’est approuvé pour cette souche.

Un dispositif sanitaire renforcé à M’Poko Bac

À Bangui, les autorités craignent une propagation depuis l’autre rive. Au débarcadère de M’Poko Bac, les voyageurs venus de RDC se lavent les mains. Ils passent ensuite à la prise de température. « Les passagers débarquent un par un », explique Maldiana Bagalama, chargée du contrôle sanitaire. « Nous les sensibilisons avant la prise de température et l’enregistrement », ajoute-t-elle. Le docteur Valentin Nebanga, du ministère centrafricain de la Santé, détaille le dispositif. « Nos points d’entrée disposent de personnels de santé et de sécurité », dit-il. Des campagnes de sensibilisation mobilisent chefs de quartier et leaders religieux. La frontière reste toutefois poreuse. Elle s’étend sur plus de 1 500 kilomètres. Trois provinces congolaises frontalières sont touchées.

Des travailleurs fluviaux exposés et inquiets

L’activité économique se poursuit le long de l’Oubangui. Pêcheurs, piroguiers et vendeurs dépendent de cette voie navigable. « Si Ebola arrive ici, nous serons les premières victimes », alerte Neige, vendeuse de poisson. Foxy Yeti Nzapa, 25 ans, transporte des passagers. « Nous sommes en contact permanent avec les populations de l’autre rive », témoigne-t-il. Il réclame des mesures de prévention adaptées. Les autorités reconnaissent la difficulté. « Nous ne sommes jamais totalement prêts », admet le docteur Nebanga.

Aristide HAZOUME

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