Drapeau obligatoire au Gabon : Les commerçants craignent les abus
Libreville, a partir de ce lundi 10 août 2026; le gouvernement exige l’affichage du drapeau jusqu’au 31 août. Mais les petits commerçants dénoncent un fardeau financier et des risques de racket.
Le Gabon a célébré dimanche la Journée nationale du drapeau. Une cérémonie officielle s’est tenue sous la présidence de Brice Clotaire Oligui Nguema. Dans la foulée, le ministre de l’Intérieur a rendu l’affichage obligatoire. Toutes les administrations et commerces doivent arborer l’emblème national. La mesure court du 9 au 31 août 2026. Mais elle suscite déjà de vives inquiétudes.
Coût du drapeau : un nouveau fardeau pour les petits commerces
Dans le quartier Nombakélé, Vanessa a obéi à la consigne. Devant son bar, le drapeau flotte. Mais la commerçante ne cache pas sa colère. « Je suis Gabonaise, le drapeau doit être gratuit », a-t-elle déclaré. Elle a dû débourser 4 500 francs CFA pour se procurer l’emblème. Au PK 6, la situation est encore plus critique. Marianne n’a pas pu acheter le drapeau. Son bar ne génère pas assez de recettes. « On ouvre de 8 h à midi, on n’a même pas 100 francs », a-t-elle expliqué. Pour elle, cet achat est tout simplement impossible.
Contrôles policiers : le spectre du racket plane
La décision gouvernementale divise la population. Certains habitants approuvent les sanctions. « Il faut sanctionner », a estimé un résident. D’autres jugent la mesure injuste. « Sanctionner sans drapeau gratuit n’est pas normal », a contesté un autre. Abbas Nziengui, président d’un syndicat de commerçants, tire la sonnette d’alarme. Il craint que les contrôles policiers dégénèrent en extorsion. « Les missions doivent être encadrées pour éviter les abus », a-t-il insisté. Le gouvernement, par la voix du porte-parole Edgard Mombo, appelle au patriotisme. « C’est un signe de patriotisme absolu », a-t-il affirmé. Mais pour les petits commerçants, la fierté nationale a un coût bien réel.
Aristide HAZOUME
