Djibouti : 20 000 migrants éthiopiens arrivés depuis septembre
L’OIM a annoncé mardi que plus de 20 000 migrants éthiopiens sont entrés à Djibouti depuis le 10 septembre 2026. Plus de 3 000 d’entre eux sont bloqués dans des zones désertiques. L’agence onusienne appelle à un soutien international accru.
L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a publié mardi des chiffres alarmants. Plus de 20 000 Éthiopiens ont franchi la frontière djiboutienne en trois semaines. Ils empruntent la route de l’Est vers le Yémen et les pays du Golfe. Cet itinéraire figure parmi les plus dangereux au monde. Alexandre Coissac, chef de mission de l’OIM à Djibouti, a alerté sur la situation. « Les flux migratoires se poursuivent à un rythme soutenu », a-t-il déclaré à Genève. Les migrants fuient en majorité une grave crise économique. Quelque 95 % d’entre eux citent la pauvreté comme motif de départ.
Des milliers de migrants bloqués dans le désert
Entre le 20 et le 30 septembre, plus de 3 000 migrants ont été recensés le long des routes djiboutiennes. Beaucoup souffrent de déshydratation, d’épuisement et de graves pénuries alimentaires. L’OIM a reçu des rapports de migrants morts dans le désert près de la frontière éthiopienne. Les voyageurs empruntent de plus en plus d’itinéraires secondaires pour échapper aux contrôles. Cette stratégie complique l’acheminement de l’aide humanitaire. L’OIM fournit nourriture, eau et soutien médical aux personnes bloquées. Elle facilite aussi le retour volontaire de ceux qui le demandent.
Djibouti face à des flux croisés
Djibouti gère simultanément des mouvements migratoires dans les deux sens. Plus de 3 700 réfugiés ont fui le Yémen ces trois dernières semaines. Dans le même temps, 539 Éthiopiens sont rentrés du Yémen via Djibouti. « Le pays répond à des personnes mouvant dans différentes directions, pour des raisons différentes », résume Alexandre Coissac. Les combats au Yémen entre forces gouvernementales et rebelles houthis s’intensifient. Ils ont déplacé plus de 184 000 personnes depuis le 1er août. L’OIM appelle à une augmentation du soutien international. Les ressources disponibles sont sous forte pression.
Aristide HAZOUME
