Détroit d’Ormuz : Doha intensifie la médiation

 Détroit d’Ormuz : Doha intensifie la médiation

Le Qatar intensifie ses efforts diplomatiques autour de la voie maritime la plus sensible du Moyen-Orient. Le Premier ministre et ministre des Affaires étrangères, Mohammed ben Abdelrahmane Al-Thani, s’est rendu mercredi à Mascate pour y rencontrer le sultan d’Oman, Haïtham ben Tariq. Cette démarche vise à jeter les bases de négociations régionales élargies, destinées à garantir la stabilité et la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz, une artère vitale pour le commerce énergétique mondial.

Un contexte diplomatique en pleine effervescence

Cette visite intervient alors qu’Oman et l’Iran viennent de sceller un accord de principe pour poursuivre des discussions bilatérales sur la gestion concertée du détroit. Les deux pays ont convenu de la création d’un groupe de travail conjoint chargé d’élaborer des propositions communes sur les aspects maritimes et sécuritaires. Bien que distinctes des négociations indirectes entre Washington et Téhéran, ces consultations s’inscrivent dans le prolongement des efforts de désescalade, la sécurisation du détroit figurant parmi les axes prioritaires des échanges américano-iraniens.

Les pays du Golfe opposés à toute restriction de passage

Les futures tables rondes réuniront les États riverains du Golfe ainsi que l’Irak. Selon des sources diplomatiques, les monarchies du Golfe entendent défendre fermement un régime de libre circulation. Elles s’opposent à toute tentative d’instauration de droits de péage ou de restrictions unilatérales, afin de préserver la fluidité des échanges alors qu’en temps normal, près de 20 % du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié (GNL) mondiaux transitent par ce goulet stratégique. Le Pakistan, qui joue un rôle de médiateur aux côtés du Qatar dans les pourparlers américano-iraniens, devrait également être associé à ces consultations régionales pour élargir le spectre des solutions.

Oman et l’Iran privilégient une approche concertée

Mardi, Mascate et Téhéran ont réaffirmé leur volonté commune d’assurer un passage sûr, conforme au droit international. Les discussions bilatérales portent sur des dossiers techniques précis : la coordination des services maritimes, la sécurité de la navigation, la protection de l’environnement marin et le partage des coûts opérationnels. Les deux capitales insistent parallèlement sur la préservation de leurs droits souverains dans les eaux adjacentes. Parallèlement à ces avancées, un sommet régional est à l’étude à Riyad. Cette rencontre pourrait marquer un tournant en réunissant pour la première fois à un si haut niveau les États arabes du Golfe, l’Iran et d’autres pays voisins, dans l’objectif de bâtir un dialogue durable et une coopération sécuritaire renforcée.

Aristide HAZOUME 

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