Espagne : Après le drame ferroviaire, la solidarité et la peur s’installent
L’Espagne observe trois jours de deuil national. Au moins 69 personnes sont mortes dans la collision de deux trains à grande vitesse. L’enquête privilégie la piste d’une erreur humaine. Les dons de sang explosent.
Le choc s’est produit mercredi 28 octobre à Urda, près de Tolède. Un train Renfe a percuté un convoi Iryo à l’arrêt. Le bilan s’élève à 69 morts selon les autorités régionales. La Commission d’enquête des accidents ferroviaires évoque jeudi un bilan de 74 morts. Une centaine de blessés sont toujours hospitalisés.
Une erreur humaine en cause
Le système de signalisation LZB est tombé en panne mercredi matin. Des échanges radio entre conducteurs et contrôleurs d’Atocha accréditent une erreur humaine. Le ministre des Transports Óscar Puente confirme une défaillance technique initiale. Le syndicat SEMAF dénonce des systèmes obsolètes et réclame une enquête indépendante. Le Premier ministre Pedro Sánchez promet « toute la lumière » sur ce drame. Il annonce une inspection complète du réseau à grande vitesse. C’est le second accident majeur en neuf mois sur l’axe Madrid-Séville. En janvier, la catastrophe d’Adamuz avait fait 45 morts.
Une vague de solidarité nationale
À Madrid, Séville et Cordoue, les files s’allongent aux centres de transfusion. L’Andalousie a triplé ses dons mercredi, atteignant 2 120 unités. « Dans un moment de nécessité, je ne me suis pas posé la question », confie Carlos, dessinateur à Madrid. Les autorités jugent les stocks désormais suffisants. Dans les rues de Madrid, la défiance envers le train grandit. « Prendre le train susciterait en moi une grande incertitude », témoigne Jaime, agent commercial. José Antonio, électricien, refuse désormais de monter à bord. « Un train qui en percute un autre par derrière, cela n’a pas de sens », dénonce-t-il. Les réservations de bus et d’avions bondissent dans tout le pays.
Aristide HAZOUME
