RDC : Ebola fragilise la santé mentale des populations
L’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo affecte aussi la santé mentale. Les soignants signalent peur, isolement et stigmatisation. Plus de 4 300 décès sont recensés. L’OMS craint une crise pire que celle de 2014.
L’épidémie d’Ebola frappe l’est de la RDC depuis plusieurs mois. Plus de 4 300 personnes sont décédées. Les autorités peinent à endiguer la propagation. La crise sanitaire masque une autre urgence : la détresse psychologique.
Une crise psychologique invisible
Les équipes de santé mentale reçoivent des patients traumatisés. Une femme a perdu deux proches et trois membres de sa famille élargie. Elle est traitée au centre de santé mentale de Lobiko, à Bunia. Elle témoigne sous couvert d’anonymat. « Nous avions peur, mais nous sommes allés à l’hôpital », raconte-t-elle. « Les voisins ont peur de s’approcher de nous. » Elle décrit un sentiment d’isolement. Anicet Katembo Vyaluva est infirmier diplômé. Il souligne l’isolement des patients dans les centres de traitement. « Cela touche presque tout le monde : soignants, patients et survivants », dit-il. La stigmatisation frappe les familles touchées. Mirella Riccardi, de Médecins Sans Frontières, explique. « La guerre rend une communauté déjà fragile plus vulnérable », affirme-t-elle. Ebola fragilise davantage la santé mentale.
Stigmatisation et violences
L’hostilité envers la lutte anti-Ebola devient plus violente. Un homme politique a été battu à mort le mois dernier. Il avait participé à une émission radio de sensibilisation. Les communautés vivent aussi un conflit armé. L’OMS avertit : l’épidémie pourrait dépasser la plus meurtrière de l’histoire. Celle de 2014 avait fait plus de 11 000 morts en Afrique de l’Ouest.
Aristide HAZOUME
