Madagascar : Un an après, la Gen Z dénonce une trahison
Un an après la chute d’Andry Rajoelina, les militants de la Gen Z malgache expriment leur désillusion. Ils accusent le nouveau pouvoir de reprendre les méthodes de l’ancien régime. Six militants ont été arrêtés en avril 2026. Leur mouvement avait pourtant précipité la fuite du président en octobre 2025.
Une répression qui rappelle l’ancien régime
Herizo Andriamanantena, figure du mouvement, a passé treize jours en garde à vue. « Tu as milité pour le pays mais on te considère comme un criminel », raconte-t-il. Nomena Ratsihorimanana décrit une arrestation violente. « On nous a frappés de partout. Ils ont mis une arme dans notre bouche », témoigne-t-il. Il a été libéré après cinq jours. Pour leur avocat, Me Maromanana Aliarivelo, l’accusation d’atteinte à la sûreté de l’État reste « l’outil par excellence des gens au pouvoir ». Amnesty International dénonce des accusations « délibérément vagues ». Les autorités invoquent un complot contre le colonel Michaël Randrianirina.
Un mouvement divisé et des promesses non tenues
« C’est une trahison », estime Felana Andriatahina, militante et entrepreneuse. « S’ils sont au pouvoir aujourd’hui, c’est grâce à notre descente dans la rue », ajoute-t-elle. La politologue Ketakandriana Rafitoson constate de profondes dissensions. Elle dit ne plus savoir « combien de sous-mouvements il y a ». Les revendications de base sur l’eau et l’électricité ne sont pas satisfaites. Les concertations nationales doivent rendre leurs conclusions en mai 2027. Herizo Andriamanantena appelle à dépasser les clivages personnels. « Le moment est venu de se tourner vers des idéologies », plaide-t-il.
Aristide HAZOUME
