Guinée-Bissau : Domingos Simões Pereira libéré et évacué vers le Portugal
Le principal opposant bissau-guinéen, Domingos Simões Pereira, a été libéré jeudi pour des raisons médicales urgentes et autorisé à se rendre au Portugal. Cette décision des autorités militaires, motivée par un avis médical constatant l’impossibilité de le traiter sur place, intervient dans un contexte de fortes tensions politiques et à six mois de la présidentielle.
Un transfert humanitaire validé par les autorités
Domingos Simões Pereira a quitté Bissau jeudi 23 juillet à destination du Portugal, où il doit bénéficier de soins spécialisés. Son départ a été confirmé par des sources judiciaires et sécuritaires, ainsi que par l’Agence France-Presse (AFP). Selon un document judiciaire consulté par l’AFP, l’hôpital militaire sino-guinéen a évalué son état de santé et conclu que les traitements requis n’étaient pas disponibles en Guinée-Bissau. Face à ce constat, les autorités militaires ont accepté sa demande de remise en liberté et autorisé son évacuation pour des motifs humanitaires.
Une source judiciaire a précisé que des médecins militaires avaient attesté de la gravité de son état, tandis qu’une source sécuritaire a confirmé sa présence à l’aéroport international Osvaldo Vieira avant son embarquement. Domingos Simões Pereira, président du Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC), reste la figure de proue de l’opposition dans ce pays d’Afrique de l’Ouest.
Une détention au cœur d’une crise politique majeure
La Guinée-Bissau est dirigée par une junte militaire depuis le coup d’État du 26 novembre 2025, qui a renversé le président Umaro Sissoco Embaló. Arrêté le jour même du putsch, Domingos Simões Pereira avait été libéré en janvier, puis placé sous résidence surveillée avant d’être de nouveau incarcéré le 10 juillet.
La justice militaire le soupçonne d’avoir participé à deux tentatives présumées de coup d’État l’une fin 2023, l’autre en octobre 2025 et lui reproche également des infractions économiques. Ses avocats rejettent fermement toutes ces accusations, tandis que le PAIGC dénonce des poursuites « arbitraires » et un « acharnement politique » visant à l’écarter de la course à la présidentielle prévue le 6 décembre. Avant même le putsch de novembre 2025, la Guinée-Bissau, indépendante depuis 1974, était déjà minée par une instabilité chronique, ponctuée de multiples coups d’État et tentatives de renversement.
Aristide HAZOUME
