Lula accuse Washington de piraterie sur le détroit d’Ormuz

 Lula accuse Washington de piraterie sur le détroit d’Ormuz

Le président brésilien a violemment attaqué le projet américain de taxation du transit maritime dans le détroit d’Ormuz. Une mesure qu’il assimile à un acte de piraterie, en pleine escalade des tensions entre Washington et Téhéran.

Lula : « Taxer Ormuz, c’est de la piraterie »

Luiz Inácio Lula da Silva est monté au créneau. Devant un public à São Caetano do Sul, il a dénoncé l’initiative américaine visant à imposer des frais sur les navires traversant le détroit d’Ormuz. Selon lui, une telle exigence, évoquée à hauteur de 20 % de la valeur des cargaisons, est une violation flagrante du droit international. « À l’époque, cela s’appelait de la piraterie », a lancé le chef de l’État brésilien, en référence directe aux pratiques des corsaires d’autrefois. Pour Lula, aucune puissance mondiale ne peut légitimement réclamer un péage pour garantir la liberté de circulation dans une voie maritime stratégique.

Cette charge intervient après des propos attribués à Donald Trump, qui aurait évoqué une « contribution » américaine pour sécuriser le passage. Les deux hommes, déjà opposés sur de nombreux dossiers, ajoutent un nouveau contentieux à leur longue liste de divergences.

La menace d’Ormuz ébranle l’économie brésilienne

Le détroit d’Ormuz, par où transite une part majeure du pétrole et du gaz mondiaux, est au cœur d’une escalade entre les États-Unis et l’Iran. Washington justifie son intervention par la nécessité de protéger la navigation internationale et la sécurité énergétique globale. Mais le Brésil, lui, regarde ailleurs. Les conséquences économiques de cette crise pourraient être lourdes pour son agrobusiness. Les producteurs redoutent une flambée des prix des engrais importés, dont les approvisionnements dépendent en partie de cette route maritime. Une perturbation prolongée menacerait directement les prochaines récoltes.

Alors que Lula brigue un nouveau mandat en 2026, sa posture anti-Washington résonne auprès d’une partie de son électorat. Le président brésilien fait de cette défense des règles internationales un axe majeur de sa campagne, tout en surveillant de près l’impact de la crise sur l’économie nationale.

Aristide HAZOUME

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