Afrique du Sud : La mine Venetia suspendue pour deux ans
Le groupe diamantaire De Beers a annoncé lundi la suspension temporaire, pour une durée de deux ans, de l’exploitation de sa plus grande mine en Afrique du Sud, Venetia. Cette décision, motivée par la nécessité de réduire les coûts dans un contexte de marché mondial déprimé, marque un coup d’arrêt pour un site stratégique représentant près de 40 % de la production nationale de diamants naturels.
Un marché sous pression
La mesure intervient alors que l’industrie du diamant traverse une période difficile, marquée par un fléchissement de la demande et une concurrence accrue des diamants de synthèse. Ces derniers, moins coûteux et produits en laboratoire, grignotent progressivement des parts de marché aux pierres naturelles, obligeant les producteurs historiques à revoir leurs modèles économiques. Contrôlé majoritairement par le britannique Anglo American, De Beers poursuit une stratégie de réduction des dépenses. Anglo American, qui cherche par ailleurs à céder sa participation dans le groupe diamantaire, suit de près l’évolution de ses actifs.
Un site majeur pour l’emploi et l’économie locale
Située dans la province du Limpopo, à proximité des frontières avec le Botswana et le Zimbabwe, la mine de Venetia est exploitée depuis plus de trente ans. Elle emploie environ 3 500 personnes, ce qui fait de sa suspension un événement aux lourdes conséquences sociales et économiques pour la région. De Beers indique toutefois que des discussions sont en cours avec les partenaires sociaux pour limiter l’impact sur les employés, sans toutefois détailler les mesures envisagées.
Parallèlement, le groupe a décidé de revoir ses investissements liés au projet souterrain de Venetia, qui visait à prolonger l’exploitation de plusieurs décennies en accédant à des gisements situés à plus de 1 000 mètres de profondeur. Ce programme, qui devait assurer un volume de production annuel significatif, est désormais suspendu. Cette annonce fait écho à l’arrêt récent du projet d’extension « Tuzo Phase 3 » sur la mine canadienne de Gahcho Kué, illustrant une logique de recentrage sur les actifs les plus rentables.
Une reprise espérée, mais incertaine
Malgré ce contexte morose, le directeur général de De Beers, Al Cook, s’est voulu mesurément optimiste. Il a souligné que certains signes laissaient entrevoir une reprise progressive de la demande pour les diamants naturels de haute qualité. Mais pour l’heure, la priorité est à la solidité financière du groupe.
Aristide HAZOUME
