Afrique du Sud : Johannesburg privée d’une aide publique majeure
Le Trésor public sud-africain a suspendu une dotation de près de 200 millions de dollars (environ 3,7 milliards de rands) destinée à la municipalité de Johannesburg. Cette décision radicale, sans précédent récent, fait suite à des critiques récurrentes sur la gestion chaotique des finances locales, la vétusté des infrastructures et la dégradation continue des services publics dans la capitale économique du pays.
Une ville confrontée à une grave crise de gestion
Johannesburg, autrefois vitrine de la réussite économique du continent africain, est aujourd’hui étouffée par une dette colossale et des services en faillite. Les rapports d’audit pointent des dépenses non conformes, des contrats de maintenance non respectés et des pertes d’eau potable atteignant près de 40 % sur certains réseaux, tandis que les pannes électriques à répétition paralysent les entreprises et les foyers.
Un contexte politique et budgétaire tendu
La municipalité, dirigée par une coalition fragile, accumule par ailleurs une ardoise de plusieurs milliards de rands envers le fournisseur national d’électricité, Eskom. Cette suspension de l’aide fédérale, qui devait initialement financer des projets de logements sociaux et de rénovation des voiries, plonge la ville dans une crise de trésorerie aiguë. Les syndicats craignent déjà des retards de paiement des salaires des agents municipaux.
Ultimatum et perspectives
Le Trésor a donné un ultimatum de trente jours à Johannesburg pour présenter un plan de redressement crédible et transparent. À défaut, la métropole risque de voir ses compétences transférées à l’administration provinciale du Gauteng, une issue qui semble de plus en plus inévitable au vu de l’impasse politique actuelle et de l’incapacité des élus locaux à s’accorder sur des réformes structurelles.
Aristide HAZOUME
