Cameroun : Contrôle des allocations familiales avant le 15 août
Le gouvernement camerounais engage un contrôle généralisé des allocations familiales versées aux agents publics. Les fonctionnaires disposent jusqu’au 15 août 2026 pour fournir les actes de naissance et certificats de vie collective de leurs enfants déclarés. L’objectif est double : identifier les fraudes et récupérer les sommes indûment perçues, alors que les dépenses mensuelles consacrées à ce poste budgétaire avoisinent les trois milliards de francs CFA.
Un audit national pour assainir les finances publiques
Le ministère des Finances a officiellement lancé cette opération de contrôle du fichier des allocations familiales, qui concerne l’ensemble des personnels de l’administration publique. Chaque bénéficiaire doit justifier, avant la date butoir du 15 août, les enfants qu’il a déclarés, en produisant des actes de naissance et des certificats de vie collective. Cette mesure vise à fiabiliser les données administratives et à endiguer les pertes financières récurrentes.
L’alerte avait été donnée dès 2023, face à une progression inhabituelle des dépenses allouées aux allocations familiales. Un audit était initialement prévu en 2024, mais son lancement a été reporté en raison de contraintes budgétaires et du calendrier électoral. Les autorités estiment aujourd’hui que de nombreuses déclarations pourraient être frauduleuses, justifiant l’urgence de cette opération.
Des irrégularités ciblées par les contrôleurs
Les équipes du ministère des Finances rechercheront plusieurs types d’anomalies : enfants déclarés à plusieurs reprises, écarts d’âge incohérents au sein d’une même famille, ou encore cas suspects de naissances multiples. L’objectif est d’identifier les versements irréguliers et, le cas échéant, de procéder à la récupération des sommes perçues frauduleusement par l’État.
Une initiative saluée, mais critiquée sur le fond
Si l’opération répond à un souci de bonne gestion des deniers publics, elle suscite des réserves dans la classe politique. Roger Justin Noah, du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), doute de l’impact budgétaire réel de cette mesure. Cabral Libii, président du Parti camerounais pour la réconciliation nationale (PCRN), estime que la priorité devrait être une réforme en profondeur de l’état civil, dont la délivrance des actes de naissance reste, selon lui, insuffisamment sécurisée.
La maire de Foumban, Hermine Patricia Tomaïno Ndam Njoya, abonde dans ce sens. Pour elle, la modernisation du système d’état civil via la numérisation des registres et le croisement des données administratives constituerait une solution durable pour prévenir les fraudes et garantir la fiabilité des fichiers publics.
Aristide HAZOUME
