Royaume-Uni : Keir Starmer contraint de quitter son poste
Le Premier ministre britannique Keir Starmer a annoncé sa démission ce lundi 22 juin, cédant à des mois de pression interne. Contesté par une large frange de son camp après les revers électoraux de mai, il restera en fonction jusqu’à la désignation de son successeur. Le maire du Grand Manchester, Andy Burnham, part favori pour reprendre les rênes du Labour et du gouvernement.
Une démission après une crise politique durable
C’est depuis le perron du 10 Downing Street, visiblement ému, que Keir Starmer a officialisé son départ. Le dirigeant travailliste a indiqué avoir informé le roi Charles III de sa décision. Il assurera l’intérim jusqu’à l’élection de son successeur à la tête du Parti travailliste, dont les candidatures seront ouvertes à partir du 9 juillet. Le processus devra être bouclé avant la rentrée parlementaire de septembre. Cette issue, devenue inévitable, survient après plusieurs mois de turbulences politiques. Les élections locales de mai, qui ont infligé de lourdes pertes au Labour, ont agi comme un catalyseur.
Plusieurs ministres et plus d’une centaine de députés travaillistes appelaient ouvertement à son départ, critiquant pêle-mêle sa stratégie politique, des nominations controversées au sein de son cabinet, ainsi que l’érosion constante de la popularité de l’exécutif dans les sondages. Dans son allocution, Keir Starmer a néanmoins tenu à défendre son bilan. Il a rappelé avoir conduit le Labour à une victoire historique aux législatives de 2024 et avoir œuvré, depuis son arrivée, à redorer le blason du parti après des années de divisions internes.
Andy Burnham, le grand favori pour succéder à Starmer
La course à la succession est désormais ouverte. Andy Burnham, maire du Grand Manchester, fait figure de favori. Sa récente victoire lors d’une élection législative partielle a considérablement renforcé sa légitimité et sa visibilité nationale. Selon plusieurs observateurs, il bénéficierait déjà d’un large soutien parmi les parlementaires travaillistes, ce qui pourrait écourter la compétition. Les réactions internationales n’ont pas tardé.
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a salué « l’engagement » du dirigeant sortant. Sur le plan intérieur, le populiste Nigel Farage a immédiatement réclamé la tenue d’élections générales anticipées. Une hypothèse néanmoins peu probable : le Labour conserve une majorité confortable à la Chambre des communes, et le prochain scrutin législatif reste théoriquement prévu pour 2029. Avec ce départ précipité, le Royaume-Uni s’apprête à connaître son septième Premier ministre en dix ans. Un chiffre qui illustre avec éclat une période d’instabilité politique rarement observée dans l’histoire récente du pays, et qui plonge la monarchie britannique dans une nouvelle incertitude.
Aristide HAZOUME
