Hongrie : Orban conserve la tête du Fidesz malgré la défaite
Viktor Orban conserve la présidence du Fidesz, malgré la défaite historique du parti aux élections législatives d’avril. Réunis à Budapest pour le 32e congrès, les délégués ont massivement renouvelé leur confiance à l’ancien Premier ministre, qui avait pourtant annoncé sa démission la veille. Cette réélection surprise ouvre une phase de réorganisation pour la principale formation conservatrice hongroise, désormais dans l’opposition.
Une réélection massive après un retournement de dernière minute
Le Fidesz a tenu son 32e congrès à Budapest, dans l’ombre d’un revers électoral sans précédent. La veille du scrutin interne, Viktor Orban avait surpris en annonçant sa démission de la présidence du parti. Une décision qui n’aura finalement duré que quelques heures. Devant 737 délégués, l’ancien chef du gouvernement a obtenu 729 voix de confiance. Aucun candidat adverse ne s’étant présenté, son maintien à la tête du mouvement a été plébiscité. Avant le vote, Orban a assumé seul la responsabilité de l’échec d’avril : « La campagne a échoué à cause de ma direction, non des cadres locaux ni des candidats », a-t-il déclaré. Cette réélection immédiate après une démission avortée en dit long sur l’emprise qu’il conserve sur l’appareil du Fidesz, malgré la perte du pouvoir au profit du nouveau gouvernement dirigé par Peter Magyar.
Le Fidesz prépare sa reconstruction sans changer de leader
La nouvelle direction du parti, partiellement renouvelée, affiche une volonté de rajeunissement. Plusieurs responsables évoquent une modernisation de l’organisation pour mieux préparer les prochaines échéances électorales. Mais Viktor Orban reste en chef de file, avec un mandat intérimaire d’un an. Loin de jouer la discrétion, il critique déjà sévèrement les premiers choix économiques de l’exécutif sorti des urnes. Selon lui, les mesures de Peter Magyar susciteront rapidement du mécontentement dans la population.
La réélection d’Orban confirme sa place dominante au sein du Fidesz, mais aussi les difficultés du parti à tourner la page. Après la défaite la plus marquante de son parcours politique, le mouvement conservateur entame une phase de transition sous la houlette de son chef historique un pari risqué pour une opposition qui cherche à renaître.
Aristide HAZOUME
