Tunisie : Sonia Dahmani condamnée à deux nouvelles années de prison
L’avocate tunisienne Sonia Dahmani a été condamnée mardi 26 mai à deux ans de prison par le tribunal de première instance de Tunis. Ainsi, cette nouvelle peine fait suite à des déclarations publiques sur les conditions carcérales en Tunisie. C’est une plainte déposée par l’Administration générale des prisons tunisiennes. Son avocat a immédiatement annoncé son intention de faire appel.
Des propos tenus en 2023 sur une radio
Les autorités reprochent à Sonia Dahmani des déclarations faites lors d’une émission radiophonique en 2023. Dans les dits, elle avait dénoncé les conditions de détention dans plusieurs établissements pénitentiaires tunisiens. Cette affaire s’inscrit dans une série de poursuites judiciaires visant l’avocate depuis plusieurs années. Cette nouvelle condamnation devient la cinquième prononcée contre Sonia Dahmani. Les procédures judiciaires s’appuient principalement sur le décret-loi n°54 relatif aux « fausses informations », un texte régulièrement critiqué par les organisations internationales de défense des droits humains, dont Amnesty International et Human Rights Watch.
Selon ses avocats, Sonia Dahmani est ciblée en raison de ses prises de parole publiques. Elle avait notamment dénoncé le racisme et les discriminations envers les migrants subsahariens, ainsi que certains services réservés aux personnes noires dans plusieurs régions tunisiennes. Ces déclarations avaient provoqué d’importants débats dans le pays.
Une arrestation médiatisée et un long passage en détention
L’avocate avait été arrêtée en mai 2024 dans des circonstances très médiatisées : des policiers avaient pénétré dans les locaux d’une émission télévisée à Tunis pour l’interpeller en direct. Elle avait ensuite passé plus de dix-huit mois en détention avant d’obtenir une liberté conditionnelle en novembre 2025. L’avocat de Sonia Dahmani a confirmé un appel immédiat contre ce nouveau verdict. La défense dénonce une atteinte répétée à la liberté d’expression en Tunisie, estimant que sa cliente est poursuivie pour l’exercice de son métier d’avocate et de ses droits fondamentaux.
Aristide HAZOUME
