France-Algérie : Paris officialise la reprise du dialogue diplomatique
La France amorce une nouvelle phase de rapprochement avec l’Algérie. Paris annonce le retour de son ambassadeur à Alger et la tenue d’une visite officielle. Ce mouvement diplomatique s’inscrit dans un contexte de détente progressive entre les deux pays, après plusieurs mois de tensions.
Retour de l’ambassadeur français à Alger
La présidence française a annoncé, vendredi 8 mai 2026, le retour de l’ambassadeur Stéphane Romatet en Algérie. Le diplomate avait été rappelé à Paris en avril 2025, à la suite d’une nouvelle crise entre Alger et Paris. Selon l’Élysée, l’ambassadeur « reprendra ses activités » dès cette visite officielle. Paris entend ainsi relancer le dialogue politique avec les autorités algériennes. Cette annonce intervient alors qu’Alice Rufo, ministre déléguée auprès du ministre des Armées, effectue un déplacement en Algérie. La responsable française participe aux commémorations des événements du 8 mai 1945 à Sétif, date des massacres qui avaient suivi la répression des manifestations indépendantistes par l’armée française.
L’Élysée affirme vouloir traiter les relations franco-algériennes « avec honnêteté » et évoque une volonté de « restaurer un dialogue efficace ». Depuis plusieurs mois, les deux pays multiplient les gestes d’apaisement. En février 2026, Laurent Nuñez, préfet de police de Paris, avait rencontré le président algérien Abdelmadjid Tebboune à Alger. Cette visite avait permis une reprise des échanges sécuritaires et judiciaires entre les deux États.
Le dossier Christophe Gleazes reste une priorité
La situation du journaliste français Christophe Gleizes demeure une priorité pour Paris. L’Élysée indique qu’une « attention prioritaire » sera accordée à son retour en France. Le journaliste avait été arrêté en Kabylie en mai 2024 alors qu’il réalisait un reportage dans la région. Début décembre 2025, la justice algérienne l’a condamné en appel à sept ans de prison. Sa famille a annoncé mardi 5 mai 2026 son renoncement au pourvoi en cassation, une décision qui ouvre désormais la voie à une possible grâce présidentielle.
Le président algérien Abdelmadjid Tebboune pourrait intervenir dans ce dossier sensible, qui reste l’un des principaux points de tension entre Alger et Paris. Malgré des différends persistants, plusieurs responsables français évoquent désormais une reprise progressive des relations diplomatiques.
Aristide HAZOUME
