Cuba : Des centaines de manifestants réclament la fin de l’embargo devant l’ambassade américaine
Des centaines de Cubains ont manifesté jeudi devant l’ambassade des États-Unis à La Havane. Ils réclament la fin de l’embargo économique en vigueur depuis plus de six décennies. Le cortège, composé de vélos, motos et tricycles électriques, a parcouru l’avenue devant le siège diplomatique. Les manifestants agitaient des drapeaux cubains et des pancartes « À bas le blocus ».
Le président Miguel Díaz-Canel a salué cette initiative. Il l’a qualifiée de « parade de la jeunesse anti-impérialiste ». Elle était organisée par l’Union des Jeunes Communistes. « Nous avons beaucoup à défendre… et plus nous serons unis, mieux ce sera », a déclaré Daniela Martinez, étudiante de 18 ans, venue encourager les participants.
Des revendications au cœur de la crise économique
Les manifestants dénoncent les conséquences de l’embargo américain sur la vie quotidienne des 9,6 millions d’habitants de l’île : inflation élevée, coupures de courant récurrentes, pénuries alimentaires et de médicaments, ainsi qu’un accès limité au carburant. La situation s’est aggravée depuis la suspension de l’approvisionnement en pétrole en provenance du Venezuela. Cela fait suite à la capture de Nicolas Maduro par les États-Unis et aux menaces américaines envers tout pays fournissant du pétrole à Cuba. « Ils sont en train de nous asphyxier », a affirmé Ivan Beltran, 62 ans. Il défilait sur un tricycle électrique avec une photo de Fidel Castro sur le pare-brise.

Tensions diplomatiques et livraisons russes
Cette manifestation survient dans un contexte de tensions accrues entre La Havane et Washington. Le président américain Donald Trump avait récemment affirmé que même la livraison de pétrole russe à Cuba n’aurait « aucun impact ». Malgré ses déclarations, un premier pétrolier russe a accosté à Matanzas. Cela marque la première livraison de brut depuis janvier. La Russie a annoncé qu’un deuxième envoi était en préparation, offrant un répit partiel face à la crise énergétique. Donald Trump a également multiplié les menaces contre Cuba. Il a même évoqué la possibilité de « prendre Cuba ». Il a qualifié le pays de menace exceptionnelle pour la sécurité nationale américaine. De son côté, le gouvernement cubain confirme des pourparlers avec Washington entamés à la mi-mars.
Une jeunesse mobilisée pour la souveraineté
Au-delà de la dénonciation du blocus, la manifestation a mis en avant l’engagement des jeunes Cubains pour défendre la souveraineté nationale et l’unité du pays, sous le regard du président Díaz-Canel. Le message est clair : malgré la pression extérieure et les difficultés économiques, la jeunesse cubaine souhaite affirmer sa résistance et appeler au dialogue international.
Aristide HAZOUME
