Dix ans après le crash du vol AH5017, Swiftair face à la justice française
Dix ans après la catastrophe qui a coûté la vie à 116 personnes dans le nord du Mali, le procès de la compagnie espagnole Swiftair touche à sa fin. Le tribunal correctionnel de Paris rendra son verdict le 28 septembre 2026.
L’accident du vol AH5017, affrété par Air Algérie et exploité par Swiftair, s’est produit dans la nuit du 24 juillet 2014. L’appareil, un McDonnell Douglas MD-83, s’était écrasé en plein désert. Parmi les victimes figuraient 54 ressortissants français. Les enquêtes techniques du Bureau d’enquêtes et d’analyses (BEA) ont établi que le crash a été provoqué par la formation de givre sur les sondes de vitesse, entraînant une réduction automatique de la puissance des moteurs. Les pilotes n’ont alors pas pu reprendre le contrôle de l’avion.
Durant trois semaines d’audiences, le tribunal a examiné les responsabilités de Swiftair. Le parquet a requis une amende de 225 000 euros contre la compagnie, dénonçant des manquements dans la formation des pilotes à la gestion du givrage en vol.
La défense a, pour sa part, plaidé la relaxe. Les avocats ont mis en avant la complexité exceptionnelle des conditions météorologiques et la compétence des pilotes. Ils ont également rappelé que la justice espagnole avait prononcé un non-lieu et que l’enregistreur de vol n’avait fourni aucun élément exploitable sur les conversations dans le cockpit.
Ce procès met en lumière les fragilités du transport aérien dans les zones sensibles et la difficulté d’établir des responsabilités pénales après une catastrophe. Le verdict, attendu dans quelques mois, permettra de clore du moins sur le plan judiciaire un drame qui avait profondément marqué les familles des victimes et l’opinion publique française.
Aristide HAZOUME
