Congo-Brazzaville : le président sortant écrase déjà la campagne
Dimanche 15 mars, les Congolais sont appelés aux urnes. Mais le scrutin semble plié d’avance. Le président sortant, au pouvoir depuis plus de quarante ans, domine tous les panneaux d’affichage. L’opposition, elle, est presque invisible.
La campagne présidentielle touche à sa fin. Elle a été brièvement suspendue jeudi 12 mars pour permettre aux militaires de voter. Mais dans les rues de Brazzaville, l’ambiance reste calme. Trop calme, selon certains habitants. Sur les murs de la capitale, un seul visage s’impose. Celui du président candidat à sa propre succession. Ses six adversaires sont introuvables. « On ne voit que le président sur les affiches, les autres sont pratiquement invisibles », témoigne un habitant.
Ce déséquilibre frappe les esprits. Le chef de l’État cumule plus de quarante ans à la tête du pays. Son expérience politique est sans commune mesure avec celle de ses challengers. Son nom est connu de tous. À l’inverse, l’opposition peine à exister. Un étudiant confie son embarras : « Je ne connais aucun autre candidat en dehors du président. » Son aveu résume à lui seul la situation. Face à ce constat, les opposants se divisent. Certains appellent au boycott. Ils dénoncent un processus inéquitable et une campagne biaisée. D’autres choisissent de rester dans la course. Ils veulent pouvoir surveiller le dépouillement et prévenir d’éventuelles fraudes. Mais aucun des six prétendants ne parvient à fédérer. Aucun ne propose une alternative crédible au pouvoir en place. L’opposition apparaît éclatée, faible et inaudible.
Pourtant, les enjeux restent réels. Le taux de participation sera scruté de près. Il conditionnera la légitimité du scrutin. La transparence du processus électoral est aussi au cœur des préoccupations. Dimanche, les Congolais voteront donc dans un climat tendu. Mais pour beaucoup d’observateurs, le résultat ne fait aucun doute. Cette présidentielle ressemble à un déjà-vu. Le président sortant part largement favori. Reste à savoir si les électeurs répondront présents.
Aristide HAZOUME
