Allemagne : 9 000 détenus par an pour défaut de paiement dans les transports
En Allemagne, voyager sans titre de transport dans les transports en commun peut encore conduire à la prison. Chaque année, entre 7 000 et 9 000 personnes sont incarcérées pour ce motif, en vertu d’une législation héritée de 1935, régulièrement critiquée pour son caractère répressif et obsolète.
À l’origine, la sanction consiste en une amende de quelques dizaines d’euros. Mais lorsque celle-ci n’est pas réglée, elle augmente progressivement et peut atteindre plusieurs centaines d’euros. Faute de paiement, la peine est alors convertie en jours de détention. Une spirale qui touche principalement les plus vulnérables : personnes sans domicile fixe, migrants sans papiers ou individus en grande précarité.
Face à cette situation, certaines initiatives citoyennes tentent d’apporter une réponse concrète. L’association dirigée par Leonard Ihssen rachète ainsi la liberté de certains détenus en réglant leurs amendes. Une action symbolique visant à dénoncer un système jugé injuste. « Chaque message reçu est une raison de continuer », explique-t-il, évoquant les nombreux témoignages de détenus.
Au-delà de l’aspect humain, le coût financier pour l’État est également pointé du doigt. Selon la ministre de la Justice de Rhénanie-Palatinat, Stefanie Hubig, ces incarcérations représentent environ 125 millions d’euros par an, avec un coût estimé à 200 euros par jour et par prisonnier. À cela s’ajoutent les conséquences sociales, comme la perte d’emploi, de logement ou la rupture des liens familiaux.
Malgré ces critiques, toute réforme se heurte pour l’instant à l’opposition de la CDU, désormais dirigée par Friedrich Merz, qui reste attachée au maintien de cette mesure. (Précision : Friedrich Merz n’est pas chancelier, mais président de la CDU et chef de file de l’opposition. L’article original comportait une erreur factuelle à ce sujet.) Le débat reste donc ouvert sur l’avenir de cette loi controversée.
Aristide HAZOUME
