Mali : Six mois de disparition pour Mountaga Tall
L’avocat et ancien ministre malien reste introuvable depuis son enlèvement en mai. Son fils Cheick Mamadou Tall a disparu peu après. Les organisations de défense des droits humains exigent la vérité des autorités de transition.
Mountaga Tall a été enlevé dans la nuit du 2 au 3 mai 2026 à Bamako. Des hommes armés et cagoulés ont agi à son domicile. Ils circulaient dans des véhicules sans plaques d’immatriculation. Son fils aîné, Cheick Mamadou Tall, a disparu le 16 mai. Il avait reçu un appel l’invitant à apporter des effets personnels à son père. Depuis, les deux hommes sont détenus dans un lieu tenu secret. Aucune procédure judiciaire officielle n’a été communiquée.
Le silence persistant de Bamako
Les autorités maliennes n’ont ni reconnu les détentions ni fourni d’informations. Amnesty International a réclamé une preuve de vie et un accès aux avocats. Human Rights Watch a publié un communiqué le 30 octobre. Les avocats de la famille ont saisi la justice malienne et le Comité des Nations unies sur les disparitions forcées. La Conférence internationale des barreaux et la Commission africaine des droits de l’homme ont également interpellé Bamako. Toutes ces demandes sont restées sans réponse officielle.
Un contexte de répression élargie
La disparition de Mountaga Tall s’inscrit dans une répression plus large. La junte du général Assimi Goïta a restreint les libertés publiques depuis 2020. Quatre militants pro-démocratie ont réapparu le 20 octobre. Youssouf Daba Diawara, Aboubacar Soumaré, Moussa « Abba » Djiré et Ibrahima Tamega sont poursuivis pour « atteinte au crédit de l’État » et « tentative de déstabilisation ». Selon leurs proches, ils sont « très affaiblis et amaigris ».
Aristide HAZOUME
