Madagascar : Des plaintes anticorruption visent Rajoelina et Ntsay
Le Pôle anti-corruption a transmis trois dossiers à la Haute Cour constitutionnelle. Les poursuites sont suspendues jusqu’à sa décision sur sa compétence. L’ancien président et son ex-Premier ministre ont quitté le pays.
Le Pôle anti-corruption (PAC) a annoncé jeudi la suspension de trois procédures. Elles visent plusieurs anciens dirigeants malgaches. Andry Rajoelina et Christian Ntsay figurent parmi les personnes citées. Les dossiers ont été transmis à la Haute Cour constitutionnelle le 6 octobre.
Trois dossiers sensibles au cœur des plaintes
Les plaintes émanent de la Direction de la législation et du contentieux (DLC). Ce service rattaché à la Primature représente l’État devant les tribunaux. La première affaire porte sur 36 kilos d’or disparus. Les faits remontent à juin 2022 au ministère des Mines. Christian Ntsay, qui assurait l’intérim du ministère, est cité. L’ancien ministre Fidiniavo Ravokatra et le député Herilaza Imbiky sont aussi visés.
Le deuxième dossier concerne les marchés de tables-bancs scolaires. Rajoelina, Ntsay et l’ex-ministre de l’Éducation Marie Michelle Sahondrarimalala sont cités. Un écart de 1 841 tables-bancs a été constaté sur 18 399 commandes. Le montant dépasse 8,3 milliards d’ariary. La troisième plainte porte sur la gestion du fonds souverain. L’ex-ministre de l’Économie Rindra Hasimbelo Rabarinirinarison est également mise en cause.
La HCC appelée à trancher la compétence
La Constitution réserve les anciens dirigeants à la Haute Cour de justice. Une mise en accusation par les députés est nécessaire. Cette étape parlementaire bloque plusieurs procédures depuis près de cinq ans. La HCC a établi en mars 2026 qu’un fait de corruption n’est pas un acte de fonction. Cette jurisprudence permet de poursuivre un ancien ministre devant le PAC. Reste à savoir si elle s’applique à un ancien président. Le PAC précise que les plaintes n’établissent pas la culpabilité des intéressés. Andry Rajoelina et Christian Ntsay ont quitté Madagascar lors de la chute du régime.
Aristide HAZOUME
