Cameroun : Dix ans après, les victimes attendent toujours
Le Cameroun commémore ce mercredi 21 octobre le dixième anniversaire de la catastrophe ferroviaire d’Eseka. Le déraillement avait fait 79 morts et plus de 500 blessés en 2016. Le procès en appel n’a toujours pas eu lieu. Les survivants réclament justice et réparations.
Un bilan humain toujours douloureux
Le 21 octobre 2016, un train bondé reliait Yaoundé à Douala. La route était coupée ce jour-là. Des wagons avaient été ajoutés pour absorber l’afflux de voyageurs. Le convoi a déraillé à une centaine de kilomètres de Yaoundé. Le bilan officiel fait état de 79 morts et 551 blessés. Dix ans après, les survivants portent encore les séquelles. Eugénie, 39 ans, a perdu toute autonomie. « Depuis cet accident, ma vie n’existe plus », confie-t-elle à RFI. D’autres familles n’ont jamais pu faire leur deuil. Le corps de Dorette Dissakè, notaire réputée, n’a jamais été retrouvé.
Un procès en appel toujours bloqué
Le rapport d’enquête avait établi une vitesse excessive. Le train roulait à 96 km/h sur une portion limitée à 40. La surcharge et des freins défaillants étaient aussi pointés. En septembre 2018, Camrail et onze employés ont été reconnus coupables d’homicides involontaires. L’ancien directeur général Didier Vandenbon a écopé de six mois avec sursis. Camrail a fait appel. Huit ans plus tard, le procès en appel n’a toujours pas eu lieu. Les indemnisations restent contestées. Camrail affirme avoir soldé 82 % des dossiers des victimes décédées. Des ayants droit dénoncent des montants insuffisants. Camrail appartient désormais au groupe MSC depuis 2022. Un nouveau programme d’investissement de 400 milliards de FCFA est lancé. Il vise à renforcer la sécurité du réseau.
Aristide HAZOUME
