Sénégal : HRW dénonce une répression brutale des LGBT+
Human Rights Watch a publié lundi un rapport accusant le Sénégal de réprimer violemment les personnes LGBT+. Plus de 300 arrestations ont été recensées entre février et juillet. La loi de mars 2026 double les peines, désormais de cinq à dix ans de prison.
Human Rights Watch (HRW) a publié lundi 12 octobre un rapport accablant sur la situation des personnes LGBT+ au Sénégal. L’organisation dénonce une « répression brutale » marquée par des arrestations massives et des violations des droits fondamentaux. Des dépistages du VIH ont été imposés à des détenus. Leurs informations médicales ont été utilisées dans des procédures pénales. L’accès à un avocat reste entravé. Le Parlement sénégalais a adopté le 11 mars 2026 une réforme de l’article 319 du Code pénal. Le texte double les peines pour « actes contre nature ». Elles passent de un à cinq ans à cinq à dix ans de prison. La loi criminalise aussi la « promotion » et le financement de l’homosexualité. Les auteurs s’exposent à trois à sept ans d’emprisonnement et des amendes pouvant atteindre 10 millions de francs CFA.
Des centaines d’arrestations
Les chiffres varient selon les sources. Le Forum africain pour la défense des droits de l’homme recense 212 arrestations entre février et juillet. Le HIV Justice Network évoque plus de 300 interpellations sur la même période. Au moins 82 personnes ont été inculpées pour transmission volontaire du VIH. Un tribunal a rejeté ces accusations en août.
Une communauté contrainte à la clandestinité
« Les personnes LGBT sont forcées de restreindre leurs activités et de renoncer à leurs droits par peur des arrestations », a déclaré Larissa Kojoué, chercheuse à HRW. Un médecin interrogé par l’ONG affirme qu’un tiers de ses patients ne viennent plus à leurs rendez-vous de traitement contre le VIH. La peur pousse les personnes concernées à se cacher et à renoncer aux soins. Ce rapport paraît à trois semaines des Jeux olympiques de la jeunesse de Dakar. La charte olympique interdit toute discrimination. HRW appelle à libérer les personnes détenues arbitrairement et à abroger l’article 319.
Aristide HAZOUME
