Haïti : Les élections reportées sine die
Le Conseil électoral provisoire a annoncé mardi 6 octobre 2026 le report sine die de la présidentielle et des législatives. Le scrutin était prévu les 13 décembre 2026 et 21 février 2027. Le pays reste en proie à la violence des gangs.
Un report sans nouvelle date
Le Conseil électoral provisoire (CEP) a publié un communiqué mardi 6 octobre 2026. « La période initialement fixée pour le déroulement de la campagne électorale est reportée », affirme le texte. Aucune nouvelle date n’est mentionnée. Le calendrier « sera rendu public dans les meilleurs délais », précise le CEP. Il devra tenir compte des « exigences techniques et opérationnelles du processus ». Un membre du conseil a confirmé à l’AFP que « la date du 13 décembre ne tient plus ». Les opérations d’inscription des électeurs se poursuivent. Haïti n’a plus organisé d’élections depuis 2016. Le dernier président, Jovenel Moïse, a été assassiné en 2021. Il n’a jamais été remplacé.
Un pays sous la coupe des gangs
La crise sécuritaire s’aggrave. Selon l’ONU, au moins 5 700 personnes ont été tuées ou blessées cette année. Plus de 1 000 femmes et filles ont été violées. Ces chiffres couvrent la période jusqu’au 11 septembre 2026. Le Haut-Commissaire Volker Türk estime que « les chiffres réels sont probablement bien plus élevés ». Près de 1,5 million de personnes sont déplacées à l’intérieur du pays. Cela représente environ 13 % de la population. Les attaques ne se limitent plus à Port-au-Prince. Les gangs recrutent des enfants et multiplient les enlèvements. La Force de répression des gangs (FRG) peine à se déployer. Elle compte environ 1 500 membres sur les 5 500 autorisés. Le Conseil de sécurité de l’ONU a prolongé son mandat jusqu’au 31 mars 2027.
Aristide HAZOUME
