Cameroun : Décès du président du Conseil constitutionnel
Clément Atangana, premier président du Conseil constitutionnel camerounais, est mort dimanche 4 octobre 2026 à Paris à l’âge de 85 ans. Il laisse un héritage profondément divisé.
Un magistrat au sommet de l’État
Clément Atangana est décédé à l’hôpital américain de Neuilly, en région parisienne. Il était soigné pour une longue maladie. Né le 20 septembre 1941 à Ekoumeyeck, il était diplômé de l’ENAM et de l’Institut international d’administration publique de Paris. Il avait intégré la magistrature en 1968. Il a été procureur général près la cour d’appel de Garoua. Il a présidé la cour d’appel de Yaoundé. Il a également siégé à la Cour suprême. Paul Biya l’a nommé à la tête du Conseil constitutionnel le 7 février 2018.
Un arbitre contesté des élections
Il a dirigé les contentieux des présidentielles de 2018 et 2025. En 2018, il a proclamé Paul Biya vainqueur. Il a rejeté la quasi-totalité des recours. Sa formule « irrecevable » est devenue célèbre. En 2025, il a invalidé la candidature de Maurice Kamto. Paul Biya a été déclaré vainqueur avec 53,66 % des voix. L’opposition a dénoncé un Conseil « aux ordres ». Me Michèle Ndoki l’accuse d’avoir validé des « victoires contestées ». Les réactions sont contrastées. Me Alice Nkom salue un homme qui « reste mon ami ». Auréole Tchoumi évoque « une bibliothèque qui s’en va ». D’autres dénoncent un « verrouillage institutionnel ». Le père Lado Ludovic fustige « tout le mal fait au Cameroun ». L’article 51 de la Constitution prévoit son remplacement par Paul Biya. Aucun délai n’est fixé. La succession reste ouverte.
Aristide HAZOUME
