Irlande du Nord : Blocage d’une marche orangiste à Drumcree
Une marche orangiste est bloquée depuis dimanche à Portadown. Des centaines de manifestants nationalistes s’opposent à son passage. La crise ravive les tensions communautaires en Irlande du Nord.
La marche annuelle de l’Ordre d’Orange était prévue dimanche matin. Elle devait emprunter Garvaghy Road, un quartier majoritairement catholique. Une décision de justice a autorisé le défilé à la dernière minute. La Commission des Parades avait initialement interdit le passage. Elle a finalement validé la parade pour un vice de forme. La Haute Cour de Belfast a confirmé cette décision à 2 h 15 du matin. Des centaines de résidents ont bloqué la route dès l’aube. Environ 2 000 personnes ont participé au blocage. La Première ministre Michelle O’Neill s’est jointe aux manifestants. Le chef du DUP, Gavin Robinson, l’a accusée d’avoir enfreint la loi. Il a dénoncé des « législateurs agissant en hors-la-loi ». Des échanges tendus ont eu lieu à Stormont. La police a déployé un important dispositif de sécurité. Aucune violence ni arrestation n’a été signalée.
Un face-à-face pacifique mais tendu
Le blocage se poursuit mardi sur Garvaghy Road. Une soixantaine de résidents étaient encore présents dans la matinée. La route est restée ouverte à la circulation. Des tentes et des chaises ont été installées sur place. Les membres de l’Ordre d’Orange attendent à l’église de Drumcree. Ils ont tenté une nouvelle percée vers 4 h du matin. La police a bloqué leur progression avec des véhicules. La crise ravive le souvenir des Troubles. Plus de 3 000 personnes sont mortes entre 1968 et 1998. La marche de Drumcree avait déjà déclenché de graves violences dans les années 1990. En 1998, trois enfants catholiques sont morts dans l’incendie de leur maison à Portadown. Christopher Nelson, fils de l’avocate Rosemary Nelson assassinée en 1999, a témoigné. Sa mère défendait l’association des résidents de Garvaghy Road.
Le Premier ministre britannique Andy Burnham a appelé au calme. Il a dépêché son ministre pour l’Irlande du Nord, Chris Bryant. Ce dernier a rencontré les parties lundi. Il a appelé à un « compromis ». « Personne ne veut revenir 28 ans en arrière », a-t-il déclaré. Le Taoiseach Micheál Martin a jugé la décision « incompréhensible et mauvaise ». L’association des résidents demande un médiateur international. Le DUP a donné 48 heures à Londres pour faire respecter la loi. Les négociations doivent reprendre mardi.
Aristide HAZOUME
