Bénin : Romuald Wadagni bouscule les codes dès sa première semaine
Une semaine après son investiture, le président béninois Romuald Wadagni engage ses premières réformes. Sans rompre avec l’héritage de Patrice Talon, il amorce plusieurs changements institutionnels et sécuritaires.
Une gouvernance entre continuité et nouvelles orientations
À peine installé au palais de la Marina, Romuald Wadagni affiche ses priorités. Le nouveau président conserve plusieurs figures du précédent gouvernement tout en introduisant des ajustements majeurs dans l’organisation du pouvoir. Le gouvernement formé le 24 mai compte 19 ministres et cinq ministres délégués. De nombreux cadres de l’ère Talon restent en fonction, une continuité qui vise à préserver la stabilité institutionnelle et économique du pays.
Le nouveau chef de l’État supprime cependant les postes de ministres d’État, une décision qui marque une rupture avec l’architecture gouvernementale précédente. Par ailleurs, il place sous son autorité directe les ministères de l’Intérieur et de la Défense, afin de répondre aux défis sécuritaires persistants dans le nord du Bénin. Le président entend ainsi renforcer la coordination des ripostes face aux menaces armées qui touchent certaines zones frontalières.
Des symboles forts pour lancer le nouveau mandat
Parmi les premières nominations annoncées, plusieurs décisions retiennent l’attention. Wilfried Houngbédji devient ministre porte-parole du gouvernement et se consacrera exclusivement à cette mission stratégique. Autre symbole fort : le capitaine Elvire Toupé est nommée aide de camp présidentielle, une première dans l’histoire politique et militaire du Bénin. Cette nomination renforce la présence des femmes dans les hautes fonctions publiques. Le fonctionnement gouvernemental évolue également. Les conseils des ministres ne seront plus hebdomadaires : ils se tiendront désormais chaque premier mercredi du mois, des sessions extraordinaires restant possibles en cas d’urgence.
Lors de ses premières déclarations, Romuald Wadagni a insisté sur sa volonté d’agir selon ses propres priorités. Il souhaite poursuivre les réformes engagées tout en imprimant sa vision du développement national. Élu avec plus de 94 % des suffrages, l’ancien ministre des Finances ouvre ainsi une nouvelle séquence politique. Son mandat débute sous le signe de la continuité, mais aussi d’un changement mesuré.
Aristide HAZOUME
