Mali : Hamma Ag Mahmoud rejoint la coalition de l’imam Dicko

 Mali : Hamma Ag Mahmoud rejoint la coalition de l’imam Dicko

L’ancien ministre de l’ère Moussa Traoré, Hamma Ag Mahmoud, a officiellement annoncé son ralliement à la Coalition des forces pour la République (CFR), le mouvement d’opposition dirigé par l’influent imam Mahmoud Dicko. Depuis son exil mauritanien, il appelle à une mobilisation nationale pour sortir le Mali de la crise.

Un renfort de poids pour la CFR

Créée en décembre 2025, la Coalition des forces pour la République rassemble plusieurs opposants maliens réfugiés à l’étranger. En rejoignant ce mouvement, Hamma Ag Mahmoud ancien ministre sous le régime du général Moussa Traoré entend peser sur la transition militaire en cours. La CFR réclame le retour à l’ordre constitutionnel, une transition civile et l’organisation d’un dialogue national inclusif. Depuis la Mauritanie où il réside depuis plusieurs années, Hamma Ag Mahmoud estime que le Mali traverse une grave crise politique et sécuritaire. Il en appelle à « un projet commun pour sauver l’unité nationale » et prône une résistance pacifique face aux autorités militaires.

Un parcours entre l’État malien et la rébellion touarègue

Figure controversée, Hamma Ag Mahmoud a dirigé plusieurs régions administratives en tant que préfet (Sikasso, Gao, Tombouctou, Ségou) avant de rejoindre en 2012 le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA). Il a ensuite participé aux négociations ayant abouti à l’accord de paix de 2015. L’ancien haut fonctionnaire critique sévèrement la classe politique malienne, qu’il tient pour responsable des crises à répétition. « Les échecs politiques successifs ont nourri les rébellions et fragilisé la sécurité du pays », a-t-il déclaré.

Dialogue avec les groupes armés : une position assumée

La Coalition des forces pour la République défend un dialogue avec l’ensemble des groupes armés, y compris le JNIM (affilié à Al-Qaïda) et le Front de libération de l’Azawad (FLA). Pour Hamma Ag Mahmoud, toute solution durable passe par l’inclusion politique et la bonne gouvernance, seules capables, selon lui, d’endiguer le terrorisme et les rébellions. Ces prises de position interviennent dans un contexte sécuritaire très tendu, alors que les attaques armées se multiplient depuis plusieurs mois dans le centre et le nord du Mali.

Aristide HAZOUME 

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