CPI : Violences sexuelles systématiques à la prison de Mitiga
La Cour pénale internationale (CPI) a détaillé, lors d’une audience à La Haye ce jeudi 21 mai 2026, des crimes d’une extrême gravité commis en Libye. L’ex-directeur de la prison de Mitiga, Khalid Al-Hishri, est jugé pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre présumés entre 2014 et 2020.
Violences sexuelles systématiques et logique de domination
Le parquet de la CPI a requis le renvoi en procès d’Al-Hishri. Il a été jugé sur des actes de viols, tortures, persécutions et esclavage à l’encontre de détenus. Mais, nombreux migrants figurent parmi les principales victimes identifiées par l’accusation. Selon la procureure adjointe, les violences sexuelles étaient systématiques en détention visant des hommes, femmes, filles et garçons. Ces derniers subissent des agressions dans les parties génitales et d’autres zones corporelles sensibles. Les actes incluent également des humiliations sexuelles et des insultes à caractère sexiste. Certains faits sont attribués directement à Khalid Al-Hishri, et les témoignages décrivent une logique organisée de domination et d’humiliation au sein de la prison.
Des enfants et des femmes parmi les victimes
Ce pendant, le parquet affirme que des enfants ont subi des violences sexuelles. Une victime, identifiée sous le pseudonyme F3029, aurait été violée à plusieurs reprises par plusieurs responsables de la prison, dont Al-Hishri. Tombée enceinte à la suite de ces viols répétés, elle aurait été contrainte à un avortement dans une clinique médicale, lors duquel son utérus aurait été retiré. Ces faits sont présentés comme des éléments centraux du dossier d’accusation.
La défense doit désormais présenter ses arguments devant les juges de la CPI. La procédure se poursuit sous haute surveillance internationale. Les juges entreront en délibéré dans les prochaines semaines, et une décision est attendue dans environ deux mois. Ce dossier s’inscrit dans le cadre plus large des enquêtes de la CPI sur les crimes commis en Libye, la prison de Mitiga restant au cœur des investigations internationales.
Aristide HAZOUME
