Bénin : Patrice Talon, « Je ne regrette rien »

 Bénin : Patrice Talon, « Je ne regrette rien »

Le président Patrice Talon quitte officiellement le pouvoir ce 24 mai 2026. À quelques jours de la transition, son gouvernement a livré un dernier bilan fleuve. Réformes économiques, les licenciements à la télévision publique, les prisonniers politiques… L’exécutif assume tout. Mais l’opposition et la société civile dénoncent un bilan autoritaire.

Un dernier Conseil des ministres sous haute tension

Le mercredi 13 mai 2026, Patrice Talon a présidé son ultime Conseil des ministres. Fin d’une décennie marquée par des chantiers phares (infrastructures, redressement des finances, numérisation) mais aussi par des réformes politiques qui ont fracturé le pays. Face à la presse, ce mercredi 20 mai, le porte-parole Wilfried Houngbédji a joué la carte de l’offensive. « Les réformes étaient nécessaires », a-t-il martelé. Et d’ajouter : « Les standards occidentaux de démocratie ne sont pas forcément adaptés au Bénin. » Une déclaration qui a fait réagir les défenseurs des droits humains.

Licenciements à la SRTB : « regrettable sur le plan humain »

169 agents de la chaîne publique SRTB ont été brutalement licenciés. Un chiffre qui a choqué. Interrogé, Wilfried Houngbédji a reconnu une « communication tardive » et un bilan « humainement regrettable ». Mais il a renvoyé la responsabilité aux dirigeants de l’entreprise publique. Pas d’excuses, pas de retour en arrière.

Les cas de Reckya Madougou, Joël Aïvo et Olivier Boko restent des bombes à retardement. Tous trois sont emprisonnés depuis des années, accusés par le pouvoir de « terrorisme » ou d’« atteinte à la sûreté de l’État ». Leurs avocats et des ONG réclament une grâce présidentielle avant le 24 mai. Le porte-parole a boté en touche : « Ces personnes sont poursuivies pour des infractions précises. Leur statut politique ne leur donne pas l’immunité. » Aucune confirmation ni démenti sur une éventuelle libération. Le suspense reste entier.

Et après ? Wadagni aux commandes

Tout porte à croire que Romuald Wadagni, actuel ministre de l’Économie et fidèle allié de Talon, lui succédera. Une continuité annoncée, qui n’éteindra pas les critiques. L’opposition, fragilisée, espère un répit. Mais le style « Talon » pourrait bien survivre à Talon. Le 24 mai, Patrice Talon passera la main. Restera son bilan, défendu jusqu’au bout. Et des dizaines de familles qui attendent toujours une réponse.

Aristide HAZOUME 

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